Noël est un temps de réjouissances et de retrouvailles familiales. C’est une fête inspirée de l’amour, avec toute sa magie et ses miracles. C’est une période de l’année animée de soupers, de veillées et de brunchs avec les amis et la famille.
Quand on vient d’enfanter, les occasions de voir nos proches et de partager du bon temps avec eux sont tentantes. Or, si on décide de participer à l’une de ces rencontres, on s’attend à ce que quelques règles de conduite soient respectées si on s’y présente avec notre petit bébé tout neuf.
Dans ce billet, j’ai rassemblé dix règles de conduite simples et évidentes pour faire du premier Noël de la nouvelle famille une veillée parfaite, remplie d’amour et d’attentions.
À savoir que ce billet est une réédition de la première version, écrite en Décembre 2017, «Un nouveau-né à Noël, 10 bonnes conduites pour recevoir une nouvelle famille.»
1. La femme vient d’accoucher et ce bébé est un nouveau-né.
Saviez-vous que le terme nouveau-né désigne un bébé âgé de moins de 30 jours? Après 30 jours, on parle d’un nourrisson. Dans le mot nouveau-né il y a pur, vierge, précieux, protégé et fragile. Tous les nouveaux parents ne souhaitent pas partager leur nouveau-né, et c’est exactement ça qui est le plus souhaitable pour la santé du bébé. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.
Bien que longuement attendu et espéré pendant la grossesse, le nouveau-né n’est pas un trophée qu’on se partage en grand nombre. Sans enlever d’importance à la famille élargie, l’enfant tout juste-né ne retire aucun bénéfice à se promener des bras d’une personne à une autre.
Pour illustrer clairement les faits, inspirons-nous du cordon ombilical. Pendant le premier mois de sa vie, un nouveau-né ne devrait pas être plus loin de ses parents que la longueur de son cordon ombilical.
Mettons ça sur le compte du microbiote.
Le nouveau-né fraîchement arrivé est en pleine construction de son microbiote, cet écosystème microscopique essentiel à sa santé future. Ce microbiote, aussi appelé microbiome lorsqu’on parle de sa composante génétique, se façonne à travers les échanges avec l’environnement immédiat.(1)
Se passer un nouveau-né d’une personne à l’autre dans un party de Noël, c’est donc la parfaite recette pour semer dans le microbiome en plein développement du bébé, toutes sortes de microbes et bactéries inconnues dont certains sont peut-être pathogènes. Le mieux pour lui est de rester au sein de son microbiote familial immédiat, là où sa santé est en sécurité.
Ainsi, ne soyez pas étonnés si en arrivant à votre rassemblement, les parents installent leur bébé dans un porte-bébé, blotti contre leur poitrine. C’est une manière intelligente et naturelle de le protéger tout en partageant ces moments en famille. Saluez leur intelligence et offrez-leur d’accrocher leurs manteaux!
Et n’oublions surtout pas la mère.
La femme qui vient d’accoucher, vient de vivre l’un des événements les plus intenses de sa vie. Elle est encore dans ce qu’on appelle le MOIS D’OR, une période où elle a besoin de chaleur, de repos et de confort. Pensez à lui aménager un espace douillet :
- Un coin allaitement avec des coussins, une table pour son verre d’eau, une tisane et des collations.
- Un endroit où elle peut s’étendre pour se reposer si elle en ressent le besoin.
Et si la nouvelle famille reste à dormir, évidemment, offrez-leur votre chambre d’invités la plus confortable. Ce sera leur refuge pendant leur séjour, l’endroit calme pour allaiter, langer et se reposer loin de l’agitation.
Avec ces attentions, vous contribuerez à créer un environnement accueillant et respectueux des besoins uniques de la nouvelle famille.
2. Attendez qu’on vous offre de prendre le nouveau-né, et pensez à vous laver les mains.
Ne soyez pas celui ou celle qui, avec insistance, demande à la nouvelle mère de prendre son bébé dans ses bras. Une mère qui vient d’accouché est comme une maman ours et elle préfère souvent garder son bébé avec elle. Ce qui est normal et souhaitable.
Si elle a besoin de vous et qu’elle vous fait assez confiance, elle saura vous demander quand elle voudra aller aux toilettes et que l’autre parent ne sera pas disponible, probablement trop absorbé dans une conversation!
En attendant, montrez-lui votre soutien de manière attentive, constante et bienveillante. Asseyez-vous près d’elle, aidez-la à ajuster un coussin d’allaitement, et proposez-lui de quoi à boire. Ce sont ces petites attentions qui bâtissent la confiance.
Laissez-la bâtir sa confiance en vous, sans pression ni empressement.
Et quand elle vous demandera de prendre son bébé quelques instants, ayez le réflexe de vous laver les mains avant de le prendre dans vos bras.
Une simple phrase, comme :
— Oh oui, avec plaisir! Mais attends, je vais d’abord me laver les mains…
montrera votre respect pour ce moment unique ainsi que l’importance que accordez à son nouveau-né.
3. Si vous êtes enrhumé à Noël, gardez vos distances!
Si vous avez attrapé un rhume, même léger, renoncez à l’idée de prendre le bébé dans vos bras, peu importe le nombre de fois où vous vous lavez les mains. Mieux encore, maintenez une distance respectueuse : ne vous asseyez pas juste à côté ni en face de la nouvelle famille lors du repas. Ce n’est pas facile, mais il vaut mieux attendre une autre occasion pour rencontrer bébé de plus près.
Un proverbe africain dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Eh bien, c’est aussi la responsabilité de ce village de protéger le nouveau-né et sa famille des microbes des fêtes !
Si vous êtes en pleine santé, tant mieux, mais souvenez-vous qu’il y a souvent au moins une personne enrhumée à Noël. Identifiez cette personne et aidez à préserver le bébé et sa famille de tout contact rapproché avec cette personne.
Soyez un allié pour les parents : rappelez subtilement aux invités de se laver les mains avant d’approcher le nouveau-né, et n’hésitez pas à mentionner (avec tact) que par exemple, oncle Roger est malade. Ce genre de vigilance sera grandement apprécié, surtout par la maman !
4. Gardez vos commentaires pour vous, sauf s’ils sont bienveillants et encouragent pour les nouveaux parents.
Si vous trouvez que les nouveaux parents s’en sortent admirablement bien, dites-leur ! Complimentez-les sur leur harmonie et sur la chance qu’a ce bébé de les avoir. En revanche, laissez de côté les remarques du genre « Dans mon temps, on faisait ci ou ça » (comme ne pas allaiter à table, laisser les bébés pleurer, ou ne pas se soucier de leur protection contre les virus). Ce genre de remarque ne sert souvent qu’à semer le doute ou à créer des malaises inutiles.
Douter des choix des parents ou critiquer leurs compétences n’apporte rien de positif. Cela ne fait que miner leur confiance à un moment où ils en ont le plus besoin. S’ils n’ont pas sollicité votre opinion, il est préférable de ne pas leur donner de conseils, même si vous êtes bien intentionnés.
Si toutefois, ils vous posent une question parce qu’ils tiennent à votre avis, prenez ce moment comme une opportunité de les soutenir avec des paroles respectueuses et éclairées. Mais sinon, respectez leur espace et épargnez-les de commentaires superflus ou déplacés.
5. N’embrassez PAS le nouveau-né.
Ne succombez pas à l’envie de couvrir de baisers le nouveau-né. Après tout, vous avez surement fait la bise à Roger-tout-enrhumé à son arrivée, et vous ne voulez pas que le virus qui attend sur votre joue se précipite sur le nouveau-né.
Vous avez un feu sauvage ?
!!!ALERTE ROUGE!!!
Lavez-vous les mains deux fois si vous touchez au bébé, et surtout ne l’embrassez jamais mais au grand jamais, tant que vous avez des traces de ce feu sauvage.
Les feux sauvages sont une forme d’herpès et ils peuvent être mortels quand ils s’attaquent à un nouveau-né.
J’ai vu une fois le cas d’une famille dont le nouveau-né avait été contaminé de l’herpès par un bisou de sa grand-mère qui avait un feu sauvage. Il a passé deux mois à l’hôpital, il a failli y rester et en a gardé des séquelles graves. It’s NO JOKE.
Vous ne voulez pas être responsable d’un tel drame.
6. Si vous en offrez, donnez un cadeau utile et apprécié au nouveau-né.
Il est tout naturel de vouloir gâter un nouveau-né, mais en réalité, ce dont il a le plus besoin, c’est d’amour, de présence, et de quelques couvertures bien douces.
Si vous tenez à déposer un cadeau sous le sapin pour le bébé, prenez le temps de demander aux parents ce qui leur serait utile ou ce qu’ils préfèrent. Certains parents ont des goûts bien précis : ils pourraient privilégier des couvertures en bambou plutôt qu’en coton, ou préférer des produits corporels aux ingrédients naturels et comestibles. Pourquoi ne pas leur poser directement la question ? Ainsi, votre geste sera non seulement apprécié, mais également aligné avec leurs valeurs et besoins.
N’oubliez pas non plus que les cadeaux les plus précieux ne se trouvent pas toujours en magasin. Une aide-ménagère pour alléger la charge quotidienne, des repas maison déjà prêts ou même un carnet de « billets de services » pour des tâches spécifiques sont souvent des présents qui marquent profondément les nouveaux parents.
Votre générosité, bien pensée et alignée sur leurs besoins, sera un véritable soutien et une source de joie pour toute la famille.
7. Soyez serviable et avenant avec la nouvelle maman.
Sans minimiser l’importance de l’autre parent, il y a fort à parier que si vous avez un nouveau-né comme invité à la fête de Noël, il passera la soirée dans les bras de sa mère à dormir ou téter, et celle-ci va rester assise à peu près au même endroit toute la soirée, sinon aller se coucher à l’occasion.
Allez lui tenir compagnie. La paix qui émane de la dyade mère-enfant est si douce et calmante. En plein party de Noël, profitez-en pour vous asseoir un peu, vous déposer dans la douceur de la dyade et discuter avec la nouvelle maman pendant qu’elle allaite, un sein après l’autre, parce que c’est un classique les nouveau-nés sont toujours en poussée de croissance à Noël !
Montrez-lui votre attention en lui proposant un verre d’eau — on a toujours soif en allaitant. Demandez si elle a faim — allaiter donne aussi faim ! Et pourquoi pas lui offrir un verre de vin ? Si cela vous semble surprenant, attendez l’avant-dernier point, il pourrait bien vous convaincre.
Si le repas est sous forme de buffet, facilitez-lui la tâche. Proposez de remplir son assiette si elle porte son bébé. Et si vous terminez de manger avant elle (probabilité très élevée), que le bébé semble repu et qu’il n’est pas en pleine tétée, proposez de bercer le petit pour qu’elle puisse manger en paix.
Si elle accepte, souvenez-vous de ces règles d’or : lavez-vous les mains, restez toujours dans son champ de vision, et bien sûr, tenez-vous loin de Roger (on sait tous qui c’est).
8. Parler de l’accouchement, de l’allaitement, mais pas de son ventre !
Les femmes qui viennent d’accoucher aiment généralement raconter leur accouchement, surtout quand ça s’est bien passé. Raconter l’accouchement qui tourne en boucle dans leur tête, alors que le vortex de la naissance est encore bien ouvert, c’est un des sujets préférés des mamans qui viennent de s’ouvrir à l’infini pour devenir mère.
Si vous posez une question, vous aurez une réponse. Soyez attentif à l’envie de la femme pour vous raconter ou pas son accouchement. Toutes les femmes ne dévoilent pas toujours leurs histoires d’enfantement, et parfois dans un party de Noël certaines préfèrent retenir leurs histoires, pour ne pas pleurer.
Parlez-lui d’allaitement, des éveils de son bébé, de ses nuits, des cacas ou des pipis même, mais ne parlez pas de son ventre encore gonflé ! N’allez pas demander à une femme qui vient d’accoucher il n’y a même pas un mois pourquoi son ventre est encore gonflé alors que le bébé est sorti de son ventre.
Je n’oublierai jamais ce souper de Noël, à 10 jours postnatal, où a regardé mon ventre et qu’on m’a dit :
« Mais là, ton ventre, ça va prendre combien de temps à partir ? » —Tranche de vie.
Une femme qui vient d’accoucher il y a quelques semaines a encore un ventre, qu’on se le dise. Si vous parlez de son ventre avec la nouvelle maman, parlez-en parce qu’elle vous en parle en premier et profitez-en pour lui dire que c’est normal qu’il soit encore là, que ça prend du temps à se replacer et que c’est NORMAL!
9. Laissez la mère qui allaite boire sa consommation tranquille. Mieux, offrez-lui un verre!
Les mère qui allaitent peuvent boire de l’alcool sans impact pour la santé de leur bébé, à condition de respecter quelques règles.
Dans le premier mois suivant la naissance, il est préférable d’éviter l’alcool dans le parce que l’approvisionnement en lait est encore en train de se calibrer. Cela dit, plusieurs nouvelles mères seront quand même tenter de se tremper un peu les lèvres pour participer à la fête. Si c’est le cas de votre invitée, sachez que c’est okay.
Il faut démystifier les jugements à l’égard de la nouvelle mère qui allaite et qui consomme un peu d’alcool. En fait, l’époque où on disait aux femmes qui allaitent et qui boivent de l’alcool, de tirer leur lait et de le jeter ensuite, est carrément histoire du passé.
On sait maintenant que l’alcool est éliminé dans le lait à la même vitesse qu’elle le sera dans le sang.
Le Dr Jack Newman, spécialiste de l’allaitement, nous le rappelle presqu’à chaque année autour des festivités de la fin d’année.
« Quand la femme qui allaite boit de l’alcool, le taux d’alcool dans le lait sera le même que celui de son sang. Pour que l’alcool s’estompe complètement, il faut compter environ deux heures par consommation. » (3)
Newman évalue que « Le taux d’alcoolémie dans le lait immédiatement après une consommation se situe autour de 0,0274%, soit l’équivalent d’une once de Vodka dans 70 litres d’eau ! » — Traduction libre (3).
En réalité, la plupart du temps, la mère qui vient d’accoucher ne prendra qu’un mini-verre si elle se le permet, parce que de toute façon, intuitivement, elle n’en a pas envie.
J’aime bien l’idée de « l’effet cocktail ».
Avec un seul verre d’alcool, on est rarement cocktail, surtout si on sirote notre verre pendant longtemps et en mangeant!
Je conseille toujours à mes clientes qui souhaitent s’offrir un petit verre au party de Noël, de boire leur consommation pendant ou juste après la tétée. Comme ça, le lait de la tétée suivante (dans les deux heures généralement) ne contiendra que quelques traces d’alcool et sinon aucune.

En gros, quand la femme qui allaite prend une petite consommation d’alcool, si elle la prend au bon moment, que son estomac est plein, qu’elle s’hydrate bien, et qu’elle ne se sent pas « cocktail », il n’y a pas de réel danger pour son bébé.
Bref, allez vous assoir près d’elle et faites un toast en son honneur!
10. Si les parents changent d’idée, soyez compréhensifs et faites une session Facetime !
La vie avec un nouveau-né est imprévisible, et même si les parents vous ont annoncé leur venue à Noël, il se peut que la nuit précédente à la fête soit si difficile que la fatigue les rattrape, et qu’ils prennent la sage mais difficile décision de rester chez eux.
Si ça arrive, dîtes-leur que vous comprenez, que vous allez garder les restants pour eux, et planifier une session Facetime avec toute la famille.
Vous verrez que même si la nouvelle famille n’est là que quelques instants sur un écran d’ordinateur, elle sera quand même le clou de la soirée. Et en plus ainsi, même l’oncle Roger pourra s’en approcher !
Sur ce, je vous souhaite un merveilleux premier Noël avec le nouveau-né de la famille!
Amour.
K❤️
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