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Mon blogue a 7 ans et grâce à lui je vis ma vie de rêve.

Demain ma première fille fêtera ses 20 ans, et j’écris ce billet de blogue assise sur la terrasse de ma maison de rêve dans la jungle. Une maison qu’on a dessinée nous-mêmes et qu’on a construite à même les profits de ma vie de sage-femme blogueuse.Depuis quelques années, je vis ma vie de rêve. Une vie que je me suis créé de toute pièce au fil des sept dernières années.  Je dis Vie de Rêve parce que c’était mon rêve que de devenir blogueuse pour un nouveau paradigme des naissances et des familles, mais n’allez pas croire que cette vie est facile. En réalité, cette vie je la trouve bien plus difficile que facile, et c’est bien là toute la complexité de ce concept qu’est celui de se créer « sa vie de rêve ».Dans ce billet, j’ai eu envie de dresser un bilan de ces sept dernières années en tant que blogueuse et de ce que j’en retire.

2019, dans un café à notre arrivée au Costa.

Sept ans de blogue, et tant de choses se sont passées.

La première qui me vient à l’esprit, c’est bien sûr la maladie de Sévan, puis sa descente de trois ans dans l’enfer de la dégénérescence neurologique, jusqu’à sa mort. Et ensuite, le deuil au cœur d’une pandémie mondiale. Alors que le monde entier ne parlait que du Covid, nous, on vivait dans une autre dimension, à tenter de réapprendre à vivre, même si. I miss him every second.

Sévan et Emrys, Décembre 2019.

Quand je repense à ces sept dernières années, il y a aussi ces milliers d’heures passées à écrire et à repenser la naissance sous l’angle d’un nouveau paradigme.

Ce qui me revient aussi, ce sont mes tournées en Europe, les centaines d’heures de productions vidéos pour faire mes préparations virtuelles, mon séminaire, l’École Quantik. De même que toutes ces heures passées à parler dans mon micro pour le podcast TISSER L’INVISIBLE. Et que dire de ces milliers de courriels à chaque année, qui m’ont parfois rendue tellement anxieuse parce que c’était juste impossible de garder le flot des réponses rapides. 

2018, à la Maternité Mutualiste de Grenoble

Mais tu fais comment pour vivre? Tu ne travailles même pas.

Si vous saviez le nombre de fois que je l’ai entendu celle-là. Le fait est que les gens ne comprennent généralement pas mon travail. Blogueuse, ça mange quoi en hiver? Créatrice de contenu éducatif pour les famille, ça veut dire quoi ça?Conférencière? Mais pourquoi toi? Qu’est-ce que t’as de plus que les autres?

Devenir blogueuse, ça prend du culot je vous jure! Faut surtout pas s’en faire avec ce que les gens pensent de nous et faut pas non plus s’attendre à des encouragements ni des félicitations de nos proches. Mais bon, j’ai toujours fait à ma tête et ça m’a bien servi puisque aujourd’hui, grâce à ce blogue je suis exactement où je rêvais d’être il y a 7 ans de ça. Il n’y a qu’une seule chose que je n’avais pas prévu et c’est la mort de mon beau Sévan. 

Sévan, Qc. été 2018.

Ma vie a profondément changé grâce à ce blogue.

Bien sûr, j’ai perdu un enfant, et ce drame, je le porterai en moi jusqu’à mon dernier souffle. Mais au-delà de cette tragédie, ce blogue m’a sauvé la vie de tant de façons.Grâce à lui, j’ai pu quitter mon poste de sage-femme, où je travaillais souvent plus de 50 à 60 heures par semaine sans réelle augmentation de salaire, alors que mon contrat n’en prévoyait que 28.

Ce poste de sage-femme dans le système, il me rongeait à petit feu. Ma santé déclinait. On m’avait diagnostiqué la maladie de la fatigue chronique. On me disait que j’en souffrirais toute ma vie. Un des médecins voulait même me déclarer invalide, à 36 ans seulement. Je pense que je n’avais pas la santé pour être la sage-femme que le gouvernement québécois attendait de moi. Et grâce à ce blogue, j’ai pu me réinventer et me construire une vie meilleure. J’ai pu être là pour mon fils quand il était malade. Et quand mon fils est mort, ce blogue et sa grande communauté m’ont donné une raison de continuer d’exister, même si. 

2020, l’été après la mort de Sévan. Je tente un sourire.

Ce blogue, il m’a amené tellement d’abondance…

De l’abondance financière certes, mais surtout de l’abondance en lien avec ma mission de vie, mon purpose in life.

Grâce à ce blogue et la communauté internationale qui en est née, je vis aujourd’hui une vie 100% alignée avec mes valeurs et mes besoins. Ce blogue, il m’a prouvé que c’est okay de suivre son coeur et ce, même quand tout le monde autour de toi n’y croit pas, doute, ou même, ose te dire que tu es folle d’y croire. Ce fût mon cas. Mais j’ai continué, parce que je le sentais dans mes tripes que c’était ça mon dharma dans ce chapitre-ci de ma vie. Je ne sais pas où je serai dans 7 ans d’ici, mais ce que je sais c’est qu’aujourd’hui avec cette vue magnifique sur la jungle et mes trois enfants en santé, je suis exactement où je dois être et c’est parfait ainsi. 

Octobre 2024, CR.

Voici, sans filtre, le constat de ma vie après sept ans à bloguer.

J’ai eu envie d’écrire ce billet parce que depuis quelques temps je traverse une sorte de crise existentielle en lien avec cette vie de blogueuse. J’adore ce que je fais. J’adore cette vie que je me suis construite, et bien sûr  j’ai envie de continuer encore longtemps. Seulement je l’avoue, parfois j’en ai marre d’être toujours sur mon ordinateur. Je m’ennuie des tournées en Europe où j’avais de vrais contacts humains. Seulement je ne suis pas encore prête à partir loin de ma famille. La mort de Sévan a tout changé et les besoins particuliers de ma plus jeune ne me permettent pas encore d’envisager de partir et de laisser toute la charge à son père.Cette enfant, elle a besoin de ses deux parents, et je l’accepte. Mais les tournées me manquent.Chaque jour, je prie pour une solution durable qui me permettra de vivre à nouveau la magie des tournées.

2023, dans mon studio du Québec.

En 2024, le paysage de la vie de blogueuse a bien changé depuis 2017. 

Quand j’ai commencé à bloguer en 2011, elles étaient rares les sages-femmes blogueuses. Quand j’ai lancé ma première prépa virtuelle à la naissance en 2017, j’étais la première à offrir une telle offre. Même en anglais il n’y en avait pas encore. Que voulez-vous, j’ai toujours été visionnaire!Cela dit, aujourd’hui en 2024, les blogues ne sont plus aussi populaires, tout le monde a un podcast, et des prépas virtuelles sur la naissance il y en a dans toutes les langues. Et que que dire des jeunes sages-femmes bien plus douées et passionnées que moi avec les réseaux, ça, il y en a de plus en plus!D’ailleurs, même plus besoin d’être sage-femme en 2024 puisqu’avec l’aide de Chatgpt, n’importe qui assez douée et avec assez de charisme peut se partir un business autour de la naissance et avoir du succès. Du coup, la compétition est bien plus présente maintenant et je le vois bien dans mes ventes et mon chiffre d’affaire annuel que je ne suis plus un des rares personnes pertinentes à parler de la naissance. C’est tant mieux au fond, parce que ça veut dire que le nouveau paradigme des naissances est réellement en cours et que ma mission est en quelque sorte accomplie. Mais si je souhaite continuer, comment rester intègre avec mes limites et mes valeurs?

2022, Qc. Le matin d’un autre départ vers le CR.

Ma vie de blogueuse en 2024: marre de l’incertitude des réseaux.

Ce matin j’ai posté sur Instagram une photo de moi en train de faire prendre du soleil à ma Yoni. Rien d’offensant. On ne voit que moi couchée sur ma terrasse. Mais si on lit la légende, on comprend bien ce que je suis en train de faire.  Vous pouvez lire le post ici. Seulement la réalité quand on post sur Instagram c’est qu’on ne sait jamais si ce sera notre dernière fois ou pas. Parce que la vérité c’est que dès qu’on post quelque chose en lien avec le pouvoir des femmes, on risque à chaque fois que quelqu’un qui n’aime pas les femmes empuissancées,  reporte notre post comme offensant et qu’Instagram supprime notre compte.Ma business vit en partie grâce à Instagram et les presque 40 000 abonnés qui m’y suivent. Mais tout ça n’est que du vent si du jour au lendemain Instagram décide que je suis Out of the Game. Je fais carrément de la business sur un plancher de verre!Chaque fois que je fais un post, je me demande si ce ne sera pas mon dernier post, et si je ne devrai pas tout mettre à vendre parce que je n’ai plus d’Instagram. Voici le prix que je paye chaque jour pour vivre mon Dharma dans cette ère virtuelle. 

2017, ma face de fille comblée après le tournée de ma première PRÉPA NAISSANCE!

Ma vie de blogueuse en 2024, j’en ai vraiment marre des Trolls. 

Je n’en ai pas eu souvent en 7 ans considérant mon humble succès. Mais chaque fois, ça fait encore toujours aussi mal. Cette semaine, c’était quelqu’un qui me menaçait d’une plainte à la Miviludes parce que Quantik Mama supporte les choix éclairé des femmes et familles. Oui, je me suis littéralement fait accusé de dérive sectaire pour supporté ce concept qui est propre à la sage-femmerie québécoise. Vous voyez, c’est le genre de truc avec lequel je dois gérer de temps en temps. Mais ça, personne ne le sait parce que c’est pas super Instragrammable!

Sinon, il y a trois semaines, c’était la journaliste Sacha Martinez, journaliste de Ouest France qui dans son article du 11 septembre 2024,  intitulé « Bébé mort après un accouchement à domicile en Vendée : les parents jugés pour homicide involontaire », associait l’accompagnement émotionnel de la doula à «des préceptes tirés d’une mouvance canadienne appelée Quantik Mama, qui exhorte les femmes à accoucher à domicile ».

Moi qui passe mon temps à répéter Entre Science et Sacré, et à soutenir le libre choix des familles, me voilà maintenant nommer comme une mouvance qui exhorte les familles à accoucher à domicile. Évidemment, ce genre de truc arrive toujours le jour où j’allais prendre congé, ou encore, pendant que je suis en train de supporter une naissance. Et ce genre de truc, en toute transparence, ça me donne chaque fois envie de mettre la clé dans la porte et de disparaître pendant quelques mois ou années. 

Octobre 2024, CR

C’est le prix que je paye chaque jour pour faire rayonner mon dharma. 

Voilà le prix à payer pour avoir un certain succès en tant que femme qui redonne du pouvoir aux autres femmes. C’est la réalité de notre époque. En 2024, on peut arriver à  être une femme avec un business prospère, mais attention à ne pas trop sortir des normes ou à ne pas oser donner trop de pouvoir aux autres femmes, sous peine d’être associée à une mouvance extrémiste, à une dérive sectaire, ou même de se faire cancelled.

Ce sont les risques que je prends chaque jour en continuant de faire briller ma mission avec amour, authenticité et vulnérabilité. Et tout ça parce que je suis une femme qui a le courage de nommer à voix haute ces silences pesants qui écrasent les femmes.

Ma préparation virtuelle à la naissance, quand je m’appelais encore Karine la sage-femme. 

Mais pour le moment, je continue encore. 

Tout ça pour dire que je continue encore. Je dis encore oui. Je ne sais pas pour combien de temps ni comment, mais je continue, parce que c’est mon dharma et que j’adore ça. Je travaille encore très fort à chaque semaine, mais je peux prendre congé quand je veux et je suis toujours là pour mes enfants. Aussi, après 7 ans à apprendre le métier qui évolue constamment, j’ai trouvé un bel équilibre entre le travail et ma famille. J’ai un hygiène de vie qui supporte mon système nerveux et qui me permet de mieux gérer le stress et de rester ancrée dans l’instant présent. J’ai appris à écouter mes besoins et à respecter mes limites. Alors que je continue à écrire et à partager, et je ressens une profonde gratitude pour ce parcours.Chaque étape, chaque défi surmonté, m’a rapprochée de ma mission et je suis impatiente de voir où la suite de ce chemin me mènera. Bien sûr, en tant que femme de mon époque, je fais constamment face à la sensation de ne pas en faire assez : de ne pas être assez active sur les réseaux, de ne pas enregistrer assez de podcasts, de ne pas écrire suffisamment.Cependant, je m’observe et je sais me ramener à l’ordre. Au fil du temps, j’ai développé une bonne capacité à me donner some slack face aux injonctions que la société m’impose, et je m’améliore chaque année.

2021, un des nombreux autels pour Sévan…

En terminant je vous partage mon secret du moment. Je travaille sur un tout NOUVEAU PROGRAMME!!!

Depuis la création de l’école Quantik en 2021, je n’avais pas canalisé de nouveau programme. Mais depuis un an, je sens quelque chose qui monte en moi.

Pendant des mois, j’ai résisté, parce que cela n’a pas de lien avec les naissances. Mais dernièrement, j’ai décidé d’y aller à fond et de me donner la permission de le faire, et depuis, j’en rêve, j’en mange, et je ne pense qu’à ça.

En 2025, j’ajouterai un nouveau volet à mes offres. Ce sera via l’École Quantik, en collaboration avec ma partenaire Mélanie Loup, et ce sera un programme dédié à l’Archétype de la Femme-Business.

En tant que blogueuse et entrepreneure intuitive, partie de presque rien sans aucune expérience en business, j’ai appris énormément de choses depuis 2017 sur mon chemin entrepreneurial.

J’ai découvert et réalisé des choses que personne n’aborde jamais en profondeur. Par exemple, comment gérer un business en fonction de ses cycles et saisons, pratiquer une comptabilité alignée, gérer des employées qui sont aussi mères et cycliques, transcender les blocages et traumatismes liés à l’argent, et naviguer dans les relations qui changent, se terminent ou évoluent quand on passe de la pauvreté à l’abondance…

C’est dans cet esprit que Mélanie Loup et moi avons décidé de créer le programme Femme-Business, pour les femmes et les mères qui souhaitent bâtir un business aligné avec leurs valeurs et les saisons de leur vie.

Nous devrions être prêtes dans quelques semaines pour accueillir notre première cohorte, dont la rentrée est prévue pour février 2025.

Voilà, maintenant vous en savez un peu plus sur la direction que je prends. Bien sûr, je vais continuer de parler de naissances et de familles. C’est la mission de Quantik Mama. Mais pas seulement.Parce que la vérité, c’est que je ne suis pas qu’une sage-femme ; je suis aussi une véritable badass de l’entrepreneuriat et j’ai envie d’en faire profiter les mères qui ont touché à leur puissance grâce à Quantik Mama et qui sont prêtes à conquérir le monde maintenant que leurs enfants grandissent.

Karine Langlois

Avant j’étais sage-femme, mais en 2020 j’ai renoncé à mon titre, suite à la mort de mon fils aîné. Depuis, je me concentre sur ma famille et dans mes temps libres je m’amuse à écrire et à créer du contenu éducatif pour les familles et les professionnels de la naissance.