Je me souviens si vivement ces désirs dévorants d’appartenance et de reconnaissance de mon vécu lors de ma deuxième grossesse. Je scrutais chaque mot, chaque blogue, chaque podcast à la recherche d’un sentiment semblable au mien, d’une nausée en synchronicité à la mienne, d’un signe que je n’étais pas la seule à vivre ceci ou cela. Un besoin si fort de vibrer au diapason d’une autre femme qui portait la vie. Non par peur ou par inquiétude, mais bien par appel d’une connexion. Et lorsque je trouvais ce mot écrit ou dit qui résonnait exactement avec mon vécu du moment, je me sentais vue, reconnue. 

D'ailleurs, avant d'être la complice de Karine, j'étais une fervente lectrice de son blogue. Son billet sur le premier trimestre, je l'ai lu et relu pendant mes premiers mois de grossesse. 

De ce souvenir, j’ai tiré une idée. Celle de partager publiquement des entrées de mon journal intime de grossesse pour donner la chance à une autre femme de peut-être vibrer au diapason de mes mots et de mon expérience. Une danse en cinq temps, même. Premier trimestre, deuxième trimestre, troisième trimestre, accouchement, période postnatale. 

Ces extraits de mon journal ont donc été écrits lors de ma deuxième grossesse, celle de Florence, neuf mois aujourd’hui, qui est née le 1er avril 2019. Lors de cette deuxième grossesse,  j’ai vécu de profonds questionnements, alternant plusieurs fois entre un freebirth et un suivi sage-femme. C'est d'ailleurs ces questionnements qui m'ont amenée à entrer en contact avec Karine pour la première fois.  

J’ai finalement fait le choix d’accoucher en présence de ma sage-femme, celle qui était aussi présente pour Lilas. Je reviendrai vous expliquer pourquoi dans un autre billet !  Je considère quand même cette deuxième grossesse comme une grossesse sauvage. J’entends par là que ma sage-femme était pour moi un soutien émotionnel, mais que je n’ai subi aucun test de dépistage, aucune échographie, pas de doppler, etc. J’ai décidé de laisser mon intuition et ma connexion à mon bébé être les gouvernails de mon expérience au lieu de machines, de chiffres et de l’opinion de professionnels de la santé.

Cette photo est  celle qui représente le mieux pour moi mes premiers mois de grossesse. Nous étions en vacances à la mer et je ressens mes nausées et mon épuisement en la regardant, je vois mon acné de premier trimestre sur mes joues. Accrochée à mon sein, ma Lilas, qui a vécu la grossesse de sa petite soeur aux premières loges, puisqu’elle ne fréquentait pas la garderie (d'ailleurs, Jadève, la fille adolescente de Karine, venait à la maison quelques heures par semaine pour jouer avec Lilas. C'est là le deuxième contact entre Karine et moi!) Être une maman à la maison (proximale) en naviguant l’épuisement et les nausées du premier trimestre, ça aussi, c’était toute une aventure.


Les premiers mois: journal de grossesse 

1er août  (6 semaines de grossesse)

Je te sens tellement immense. Une énergie puissante, lumineuse, plus grande que moi. Je sens que ta mission de vie sera grandiose, transformatrice. Guérisseuse. Je suis tellement privilégiée d’être ton navire, ta porte d’entrée sur Terre. Merci de m’avoir choisie.

C’est toi, depuis plusieurs mois. Qui gravite autour de moi. Qui faisait gonfler mon coeur d’amour avant même que ton coeur batte quelques centimètres plus bas que le mien. Tu es une vieille âme, importante et avec un grand message que j’ignore encore.

Je demande de te rencontrer en rêve parfois. Ce n’est pas encore arrivé ou du moins je ne m’en souvenais pas au réveil. Je sais cependant que c’est toi, mon bébé, le même que j’aime et qui me fait sourire depuis quelques mois. 

Depuis quelques jours, l’épuisement, l’estomac à l’envers, le manque d’appétit...je me rappelle que c’est parce que tu travailles fort là-dedans. Moi, je travaille fort pour me donner de l’amour et pour accepter de ne rien faire dans la mesure du possible.


3 août 

Je me rends compte que je ne me sens pas vraiment connectée à toi encore. Ça me fait peur de l’écrire. En même temps, mon instinct sait que tu naîtras et que tout va bien. Je ne crois pas que ton esprit est présent dans mon corps pour l’instant, mais ton corps oui. Je me rappelle qu’avec Lilas (ma fille aînée) le lien n’était pas tout à fait là au premier trimestre. Je fais confiance.


12 août 

J’ai hâte d’être plus connectée à toi, mon bébé. Même si les symptômes sont bien présents, la grossesse est encore abstraite. Je sais que c’est bien normal à ce stade. Aussi, quand je me sens prisonnière des maux de mon corps physique, j’ai de la difficulté à connecter avec ton âme. Nausées, nausées, nausées … 

J’ai eu envie d’écouter des podcasts sur les fausses couches aujourd’hui. J’ai la certitude profonde que tu vas bien, mais une petite voix se demande si ton petit coeur bat. J’ai l’impression que je me suis permis aujourd’hui de vraiment visiter ce sujet délicat parce que mon intuition sait que tu naîtras. Toi. Mon bébé. Me reconnecter à toi et à la magie de ce qui se passe en moi en ce moment pour atténuer les inconforts physiques et les peurs.


20 août  (presque 9 semaines de grossesse)

La lenteur des jours qui passent quand la santé n’est pas au rendez-vous. Compatir avec ces gens malades qui ne sont jamais dans le bien-être physique. Être découragée de penser qu’il me reste encore plusieurs semaines dans cet état. Espérer ne pas vivre ça «pour rien», espérer que tu vivras. Être bien consciente de la vie et de la mort. Être beaucoup plus en paix avec cette idée qu’à ma première grossesse. 


21 août 

Exténuée. Mauvaise nuit. Pleurer de fatigue. Prier pour une nuit réparatrice. Neuf semaines demain. Tranquillement, mais sûrement. J’espère que ton petit coeur bat. Fort fort.


25 août 

Pleine Lune. Elle est magnifique. Je suis sortie la regarder un peu après avoir endormi Lilas et tout de suite je me sens groundée et connectée à elle. Je caressais mon ventre, rond comme la lune. Mystérieux comme la lune. Écrire dans mon journal est mon moyen pour connecter avec cette grossesse. J’adore ça. J’écris toujours quand Lilas est couchée, que c’est silencieux dans la maison et noir. C’est mon moment d’arrêt.

Mon intuition me dit toujours que tout se déroule parfaitement. Mes nausées ont diminué. J’ai ce sentiment que je vais cligner des yeux et que nous serons à Noël. Tu seras beaucoup plus gros, j’aurai probablement rencontrer ton âme. Tu bougeras. Je trouve cela magique d’imaginer que tu me donneras des coups, tout bientôt. Ça semble encore loin, mais depuis quelques jours, je me dis que ça va passer bien vite. Pas trop, j’espère.

Je me sens bien et confiante, ce soir. Supportée et entourée par la Lune. Je me sens pleine, vivante. Puissante et femme. Déesse. Je t’aime. 


26 août

Les deux dernières nuits, j’ai rêvé que je faisais une fausse couche. Dans le premier rêve, je saignais beaucoup, mais j’avais l’intuition que tout allait bien. Dans le deuxième, je perdais énormément de sang et de caillots dans la toilette. Je pleurais beaucoup. Je cherchais mon bébé dans les caillots ensanglantés et j’ai réussi à le trouver. C’était un petit garçon. Je montrais sa photo, qui ressemblait à une photo d’échographie, à toute ma famille. Moi j’étais dévastée, mais tout le monde semblait indifférent. 

Je n’aime pas rêvé à cela. J’ai eu peur de voir du sang sur le papier de toilette toute la journée. 

Je ne crois pas que ces rêves soient prémonitoires. Je pense que ce sont simplement des peurs qui s’expriment. Je me permets beaucoup plus de m’ouvrir à la mort à cette grossesse-ci. Je pense qu’en acceptant toutes les possibilités, je permets à mon inconscient d’explorer ces avenues en rêve. C’est libérateur, en fait, d’être dans la confiance, peu importe la finalité et de ne pas être dans le déni et la peur. Je me remercie de me laisser travailler toutes ces zones d’ombre.

10 septembre (presque 12 semaines)

Aujourd’hui, je suis assise avec de la tristesse, du découragement, de la frustration, un sentiment d’injustice. Nausées. Épuisée. Tannée. Envie de me sentir libre, de sortir, de boire. L’impression d’être la pire femme enceinte au monde. Demain, douze semaines. L’idée que statistiquement mes chances de gausse-couche baissent drastiquement fait un baume sur mon petit coeur qui trouve ça difficile de se sentir inapte et malade depuis trois mois…

C’est vraiment tout un trip, ce premier trimestre. Je t’aime, mon bébé, mais maman en a plein le cul de se sentir comme de la marde. 

Je me croise les doigts pour que ça se calme, rapidement. Que les prochaines étapes de ma grossesse soient plus agréables. Je veux une bulle rose, une image de bonheur. Ok, bébé ? Je manifeste ben, ben fort que les deux prochains trimestres soient doux.

Mais tsé...je t’aime. Beaucoup. Quand je pense à toi, ça me rend heureuse. Et dans le fond de moi, je suis contente de partager mon corps avec toi et je ne voudrais pas ne pas être enceinte. Pour rien au monde. Parce que je te veux, toi.

Marielle.xx


Pour poursuivre votre lecture sur le premier trimestre, je vous remets ici l'article que j'ai  lu et relu dans ces premiers mois de grossesse : 

La suite de cette série en cinq temps sera publiée dans deux semaines, soit le lundi 27 janvier.  Vous y verrez les entrées de mon journal intime du deuxième trimestre, une fois la lourdeur des premiers mois dissipée. 

Je tenterai aussi de tisser à travers cette série l'histoire du partenariat entre Karine et moi et la raison pour laquelle aider QUANTIK MAMA, c'est répondre à l'appel de ma propre mission de vie. 

AMOUR x