L’accouchement est un processus profondément instinctif qui s’inscrit à travers des millions d’années d’évolution, de l’Homo habilis à l’Homo Sapiens.
Pourtant, de nos jours on nous a tous bien programmés à croire qu’accoucher est dangereux et qu’il faut s’en remettre à une autorité médicale, qui elle, sait mieux que les femmes elles-mêmes comment on met au monde un bébé.
À l’ère moderne, les femmes et les hommes ont oublié que l’accouchement est l’histoire de l’humanité. Tout le monde vit sa vie dans sa réalité ordinaire, bien ancré dans son cortex cérébral (responsable des fonctions cognitives complexes comme le raisonnement, l’analyse, le contrôle, la prise de décision), et presque plus personne ne sait comment naviguer ou accompagner les états modifiés de conscience.
On nous a tous bien programmés à croire que de crier l’intensité qui nous traverse, ou suivre l’instinct de ses tripes, c’est mal. Pourtant, quand on accouche, c’est exactement là qu’il faut aller.
Il faut passer du rez-de-chaussée au sous-sol de son cerveau, et redevenir cro-magnonne.
Quand une femme qui enfante n’arrive pas à suivre l’instinct de son cerveau primitif et qu’elle s’acharne à rester dans les limites de son cortex cérébral, l’accouchement est non seulement ralenti, mais la douleur des contractions est plus intense, les peurs prennent alors toute la place, et il y a de fortes chances que l’accouchement doive être médicalisé pour que la naissance puisse avoir lieu.
En revanche, lorsque la femme qui enfante laisse son cerveau primitif prendre le plein contrôle, elle accède directement à l’intelligence de son corps qui sait mettre au monde son bébé et le placenta qui vient avec.
Parce que le corps sait. Parce que depuis que le monde est monde, les femmes enfantent l’humanité.
Comment donc favoriser cette descente dans le cerveau primitif?
Comment donc mettre en pause son cortex cérébral pendant l’accouchement?
Dans ce billet, je vous présente 7 façons d’y arriver…
1. Favoriser la libération naturelle d’ocytocine.
Vous savez sûrement déjà que l’ocytocine, l’hormone de l’amour, est cruciale pour déclencher et soutenir le bon déroulement d’un accouchement. Elle est sécrétée par pulsions de l’hypophyse postérieure en réponse à l’hypothalamus, deux structures clés du cerveau primitif.
Pendant l’accouchement, l’hypothalamus scanne constamment l’intérieur du corps ainsi que l’environnement extérieur, dans le but d’évaluer si les conditions pour accoucher sont et restent optimales.
Parmi les signaux captés par l’hypothalamus, l’état émotionnel de la femme joue un rôle majeur. Si la femme ressent de la peur, du stress ou de l’anxiété, l’hypothalamus peut alors limiter la sécrétion d’ocytocine et activer à la place la libération de cortisol et d’adrénaline, des hormones de stress qui ralentissent l’accouchement et augmentent la perception de la douleur.
En revanche, si la femme se sent calme, en sécurité, aimée et soutenue, l’hypothalamus stimule les pulsions d’ocytocine par l’hypophyse, favorisant ainsi des contractions efficaces et un accouchement plus fluide.

À retenir.
L’ocytocine est sécrétée par pulsions pour créer les contractions utérines, à condition que l’hypothalamus scanne tant à l’interne qu’à l’externe que tout est favorable.
Découvrez ces deux billets qui traite aussi de l’ocytocine, cette grande hormone de l’amour:
Arrêtez de voler l’ocytocine du bébé. (Lire)
L’ocytocine, sa rivalité illustrée avec l’adrénaline. (Lire)
2. Créer un environnement sombre. Viser la pénombre.
Un environnement plus sombre que clair est essentiel pour faciliter l’accouchement. L’obscurité stimule la production de mélatonine, l’hormone du sommeil mais aussi l’hormone qui favorise le calme et la détente.
La mélatonine agit en synergie avec l’ocytocine pour intensifier les contractions et soutenir l’accouchement.
Dans un environnement lumineux, la production de mélatonine est inhibée, et cela peut ralentir le processus.
C’est l’histoire de l’humanité, les femmes ont toujours enfanter dans la l’intimité de la pénombre.
Comment se fait-il alors que les chambres d’accouchement des maternités modernes soient encore à ce point éclairées et qu’elles n’offrent souvent pas d’options de tamiser les lumières?
À retenir…
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- Si vous accouchez à l’hôpital, pensez à amener des lumières décoratives ou des lampions électriques pour créer une ambiance tamisée.
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- À la maison, prévoyez des bougies, faites installer des variateurs de lumières là où vous prévoyez accoucher, pensez rideaux pour tamiser les fenêtres si vous accouchez en plein jour.
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- PÉNOMBRE = MÉLATONINE = OCYTOCINE
3. Limiter les conversations rationnelles.
Ce n’est pas compliqué, toute conversation trop rationnelle pendant l’accouchement va stimuler le cortex cérébral et potentiellement nuire au travail du cerveau primitif, interférant ainsi avec la libération naturelle d’ocytocine, tout en augmentant les hormones de stress.
En gros, poser des questions rationnelles à une femme en train d’accoucher l’oblige à quitter son état instinctif pour revenir dans son cortex cérébral afin de répondre. Ce qui menace forcément de ralentir le processus en cours.
Garder le silence, chuchoter quand il faut parler, limiter les longues discussions, et encore plus, les questions compliquées.
Ainsi, la femme pourra rester dans le sous-sol de son cerveau, là où réside l’instinct de sa capacité d’enfanter.
Ainsi, l’ocytocine (contractions) et les bêta-endorphines (hormones du plaisir et opioïdes endogènes pour le soulagement de la douleur) seront au maximum.
Des phrases simples et rassurante comme…
Tu le fais...
Tu enfantes, c’est ton tour…
Reviens à ton souffle…
Laisse-toi traverser…
Et se rappeler que la plupart du temps, un simple regard confiant ou un toucher rassurant, peuvent éviter les interruptions inutiles, laissant toute la place au cerveau primitif.
À retenir…
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- Pendant l’accouchement, chaque fois que la femme est sollicitée pour par des questions d’ordre rationnelles, cela lui demande de sortir de sa bulle et nuit à son instinct.
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- Éviter les discussions analytiques ou les interruptions trop fréquentes.
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- Demander au professionnels de chuchoter et de parler entre eux le plus possible à l’écart.
4. Utiliser la respiration comme un ancrage méditatif.
La respiration est un outil puissant pour la femme qui enfante. Respirer tout au long des contractions et des pauses, aide la femme à rester connectée à son cerveau primitif.
Une respiration longue et calme, en plus de maintenir les niveaux d’adrénaline et de cortisol (les hormones de stress) au plus bas, va aussi stimuler le système nerveux parasympathique, responsable du relâchement et de la détente, et donc, donner le signal à l’hypothalamus que tout est optimal pour accoucher.
Mais comment on respire Karine?
C’est simple, le plus calmement possible.
Visez une respiration abdominale calme et profonde. Inspirez par le nez en gonflant le ventre et expirez lentement par la bouche. Dites « Oui » avec chaque expiration. Et pensez à faire des sons graves à l’expire.
Un truc que j’aime donner à toutes mes clientes est de penser à respirer à travers le placenta du bébé.
Respire dans le placenta de ton bébé!
Inviter la mère à respirer aussi pour son bébé qui a lui aussi besoin de tout l’oxygène disponible pour naître, c’est hyper calmant et même recentrant pour la femme qui enfante.
À retenir…
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- La respiration ne sert pas seulement à gérer la douleur, c’est un ancrage pour rester dans un état méditatif et instinctif qui optimise l’accouchement.
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- Quand on se se concentre sur notre respiration, on est moins susceptible d’être distraite par les peurs, l’anxiété ou les pensées rationnelles, l’accouchement est donc plus fluide.
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- Respirez en pensant au placenta comme le poumon du bébé qui l’oxygène tout au long de sa naissance.
5. Se sentir protégée, aimée et en sécurité avant, pendant et après l’accouchement.
Se sentir en sécurité est fondamental pour vivre un accouchement orchestré par la sagesse de son propre corps. Si la femme qui enfante se sent en danger, même inconsciemment, son corps réagira par une réponse de stress. Libérant alors de l’adrénaline et du cortisol. Deux hormones qui pendant la phase de dilatation du col utérin, sont connue pour ralentir, voir stopper, la production d’ocytocine et le bon déroulement du travail.
À l’inverse, lorsque la femme se sent en sécurité, aimée et protégée, son cerveau primitif s’active, et, libère de façon optimale l’ocytocine, la mélatonine et les bêta-endorphines… En d’autres mots, le cocktail hormonal de l’accouchement est optimal, et l’accouchement a lieu, tout simplement.
À retenir…
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- La confiance envers les personnes présentes.
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- Choisissez un professionnel de naissance en qui vous avez pleinement confiance, et dont les limites de sa pratique et de son confort personnel correspondent à votre vision de la naissance.
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- Entourez-vous de personnes qui croient en votre capacité d’y arriver, et qui y croiront encore même quand vous, vous n’y croirez plus.
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- La confiance envers les personnes présentes.
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- Le respect de votre intimité.
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- Le cerveau primitif a besoin de noirceur, de chaleur et de douceur pour accoucher.
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- Le respect de votre intimité.
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- Votre propre confiance en votre capacité d’accoucher.
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- Les femmes qui sont bien informées et qui sentent qu’elles ont le contrôle de leurs décisions, libèrent moins d’hormones de stress et accouchent plus facilement. Parce que le savoir, c’est le pouvoir. (Je vous invite à découvrir ma préparation virtuelle à la naissance, pour tout savoir sur la naissance respectée.)
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- Votre propre confiance en votre capacité d’accoucher.
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- Un environnement familier et calme :
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- Le lieu certes, mais aussi via des objets familiers comme des couvertures, des odeurs, des lumières douces ou de la musique. En gros, toute chose qui offre du confort et permet de créer un cocon protecteur.
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- Si vous accouchez à la maternité, apportez bougies, banderoles lumineuse, musique, oreiller. couverture… Tamisez les lumières, et osez créer une ambiance de naissance qui vous rappellera la maison.
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- Un environnement familier et calme :
6. Se permettre des mouvements libres et intuitifs.
Quand la femme qui enfante bouge librement en suivant les pulsions de son corps, c’est tout l’accouchement qui est facilité. Bébé trouvera mieux son chemin à travers le bassin de sa mère. Appuyant alors de façon optimal sur le col utérin, qui dilatera donc plus vite. Comme la biomécanique est optimal, la douleur sera donc plus tolérable. Bref, l’accouchement aura lieu, de façon efficace et possiblement même, assez rapide, mais pas toujours.
Bougez, bougez, et bougez encore!
Prenez les contractions debout en pliant les genoux, et bougez le bassin de haut en bas, de gauche à droite. Dansez avec les contractions! Marchez entre le contractions et accroupissez-vous pendant. Allez sur la toilette à califourchon et appuyez vous sur un oreiller… La toilette c’est magique quand on accouche! Passez du temps à quatre pattes, asseyiez-vous sur un ballon et bouger votre bassin… Et bien sûr, profitez toujours des pauses… pour vous déposer dans la pause.
C’est prouvé depuis que le monde est monde, bouger pendant l’accouchement optimise la biomécanique de la naissance, stimule la circulation sanguine et même, une oxygénation optimale des muscles utérins, tout en envoyant le signal au cerveau primitif que l’environnement est optimal et sécuritaire.
Malheureusement, trop de femmes à travers le monde sont encore privées de leur liberté de mouvement pendant l’accouchement. D’un côté, on leur fait croire qu’elles pourront bouger librement le jour J, mais de l’autre, on les restreint en imposant un monitoring fœtal continu… alors que la science a depuis longtemps démontré que le monitoring intermittent est la méthode la plus bénéfique lors d’un accouchement physiologique normal.
Chaque jour, partout dans le monde, trop de femmes sont encore allongées de force, immobilisées par des sangles à monito et des tubes à soluté, et dans certains pays elles sont même carrément attachées au lit…
À retenir…
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- Osez demander à votre médecin ou sage-femme si vous serez pleinement libre de bouger pendant votre accouchement et si vous pourrez accoucher dans la position de votre choix.
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- Informez-vous sur les pratiques d’écoute du coeur foetal. Votre sage-femme ou médecin offre-t-il le monitoring intermittent plutôt qu’en continu? Vous laissant ainsi le pleine liberté de bouger entre les écoutes du coeur foetal qui ne durent alors qu’une ou deux minutes.
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- Pendant l’accouchement, ne résistez pas à l’instinct de votre corps, même pour les positions le plus farfelues. Si votre corps vous dit de bouger d’une certaine façon, c’est que c’est exactement ÇA qu’il faut pour optimiser le processus en cours. Écoutez votre instinct. Votre corps sait exactement comment accoucher.
7. Redevenir une cro-magnonne et chanter sa naissance.
Faire des sons graves, avec une intensité dont on ne s’imaginait pas capable, pleurer comme un bébé, râler… c’est tout normal et même souhaitable quand on accouche!
Pour tout dire, les femmes qui résistent à laisser sortir ces sons primitifs, ces cris, ces larmes même parfois, sont à haut risque d’avoir besoin d’interventions pour faire naître leur bébé.
Dans ma pratique, c’est un point que j’aborde en long et en large avec mes clientes.
Comment te sens-tu à l’idée de crier?
Es-tu prête à redevenir une cro-magnonne?
Quand une femme qui enfante résiste à faire les sons graves de sa dilatation, ceux-là même qui viennent du fond de ses entrailles, son cerveau primitif scanne sa résistance, sa gêne, sa peur possiblement, et tout est plus compliqué.
Est-ce possible d’accoucher en silence?
Oui, mais si cela est votre but dès le départ, ce n’est pas réaliste.
Dans ma vie, j’ai vu plusieurs centaines de naissances et je peux vous affirmer que presque 100% des femmes qui enfantent naturellement finissent par laisser sortir des cris primals à un moment ou un autre quand elles se font traverser par leur bébé.
En toute honnêteté, je pense avoir vu moins de 10 femmes accoucher dans un silence complet. Alors oui, ça se peut, mais c’est extrêmement rare et ce n’est absolument pas un but en soit.
À retenir…
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- Préparez-vous à vous transformer comme si vous redeveniez une femme sauvage!
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- Préparez-vous à chanter la naissance de votre bébé avec chacun de vos sons et de vos cris.
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- Travaillez sur votre mindset et si vous sentez des résistances, parlez-en avec votre partenaire, votre équipe de naissance.
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- Dîtes à votre partenaire de vous encourager è faire ces sons en les faisant lui/elle aussi avec vous.
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- Rappelez-vous que les sons aigües contractent votre col et nuisent à la dilatation. Revenez toujours dans les sons graves. Dîtes à votre partenaire de vous le rappeler, C’EST TRÈS IMPORTANT, les sons graves.
En conclusion…
Accoucher, c’est primitif, et c’est tant mieux parce que c’est cette nature même qui assure la sécurité des naissances depuis que le monde est monde.
D’ailleurs, il y a tant de trésors à découvrir quand on touche à cette puissance de donner la vie en laissant notre corps suivre son instinct primitif.
Imaginez un monde où chaque femme découvrait sa puissance innestimée à travers l’enfantement…
Cela ouvrirait la voie à des générations de mères confiantes, enracinées dans leur sagesse et intuition, capables de faire face aux défis de la vie de famille avec courage et conviction.
Pour moi c’est ça la modernité dans le monde des naissances et c’est pour cette vision que je fais ce que je fais et que j’écris ces billets de milliers de mots!
Si vous m’avez lue jusqu’au bout, n’hésitez pas à commenter. Je lis tous vos messages!
Kxx