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2024, l’année où j’ai réalisé que je suis assez.

Une autre année vient de se terminer. 

L’énergie du renouveau est palpable et je suis pleine de gratitude qu’après l’intensité de 2024, nous soyons encore là, vivants et relativement en bonne santé. Quel privilège! Surtout après cette année 2024 qui nous est rentré dedans sans pitié.

En 2024 dans ma vie, il n’y a pas eu de méga gros drame et personne n’est mort. Mais quand même cette année a été dure comme une année difficile peut l’être et j’ai décidé d’écrire ce billet pour déposer le bilan de cette année charnière dans ma vie. Parce que pour moi, 2024 sera pour toujours l’année où pour la première fois en 45 ans, j’ai réalisé que je suis ASSEZ

Avant de commencer…

Je vous avertis si vous lisez ce billet vous allez possiblement déchanter de certaines idées préconçues de ma vie dans la jungle du Costa-Rica. Cela dit, je tiens à dire que malgré toutes les érpeuves de 2024 il y a eu plein de beau. 

La visite de mes amis Alex et Sophia. Plein de belles naissances toutes aussi magique les unes que les autres. Des familles merveilleuses, toujours. L’école d’Emrys qui est à mes yeux la meilleure du monde pour un enfant de cet âge. #goal

Les Temazcals, la cérémonie de champignons avec des facilitateurs venus pour nous en direct d’Amsterdam, les oeufs frais de nos poules chaque matin, les rituels ici et là, les arbres plantés, toutes ces tasses de cacaos… et surtout, l’amour, toujours. TOUJOURS. 

Bon maintenant que j’ai nommé tout ça, laissez moi vous raconter…

Les poumons et le deuil, encore en 2024…

Cette année dans mon deuil, je l’ai vécu comme l’année de l’agonie ultime de mes poumons. Mon fils est mort noyé dans ses poumons suite à une aspiration de liquide. L’histoire est plus longue que ça mais pour moi ça en dit long sur le pourquoi depuis sa mort, je souffre tant de mes poumons.

Ajoutons à ça qu’il est mort en pleine pandémie et que je n’ai pas été épargnée de l’atteinte pulmonaire que le Covid pouvait laisser chez certaines personnes vulnérables. (p.s. Personne en deuil = Personne vulnérable. Qu’on se le dise. )

J’ai donc commencé l’année 2024 avec un virus respiratoire qui a duré des semaines et à travers lequel on était en train de re-déménager toute la famille au Costa Rica.

Une dernière mission dans la jungle. 

En toute transparence, je ne pensais pas revenir si tôt dans la jungle après notre retour au Canada en mars 2023. Même si je savais qu’il restait une dernière phase à notre projet de construction pour le considérer comme terminé et pleinement opérationnel, je pensais que cette phase n’irait pas avant 2028 genre! Mais la vie a fait que non, c’était 2024. Emma encore et toujours a motivé ce changement soudain… Emma, notre catalyseur de toutes nos grandes décisions, depuis toujours. 

La jungle nous a fait du bien…

Sa chaleur, ses sons, sa faune, sa médecine vibratoire. Et que dire de cette Casa Selva qu’on a construite à même notre instinct de survie dans les premières années du deuil. Une maison extraordinaire et presque parfaite, que vous pouvez maintenant louer sur Airbnb! Si jamais vous passez par Ojochal. 

Honnêtement, je n’en reviens pas encore qu’on ait construit cette maison et manifesté cette terre magnifique qui est la nôtre. Tout ça est allé si vite. C’était tellement intense, et clairement un TRAUMA RESPONSE dans notre deuil en pleine pandémie!!! Je n’ai pas honte de l’avouer et la beauté de ça c’est qu’on a aujourd’hui une magnifique terre et une maison dans la jungle!

 

Revenons à mes poumons…

Je disais donc que cette année, je l’ai commencé en cherchant mon souffle pendant des semaines. On est revenus dans la jungle et au moment où je pensais pouvoir m’en sortir, mes poumons ont commencé à me lâcher par un beau dimanche où j’ai fini branchée à la clinique sur de la cortisone intraveineuse pour une bronchite aiguë.  Sur la radio, mes deux poumons avaient l’apparence d’un nuage tellement ils étaient inflammés. Horrible.

Je suis arrivée à la clinique avec un teint gris et des larmes sur mes joues, trahissant ma panique intérieure. L’équipe de la clinique privée a été fantastique. Ils m’ont traitée aussitôt et je suis ressortie de là quelques heures plus tard avec des couleurs et de l’espoir!

Seulement, je n’étais pas sortie d’affaires. S’en est suivi un traitement per os avec des doses de cheval de cortisone pendant presque deux semaines, et des inhalateurs plusieurs fois par jour, pendant plusieurs semaines.

Je n’avais encore jamais pris autant de médicaments de toute ma vie d’adulte. Mais bon, entre suffoquer de résistance à la médecine et guérir, j’ai choisi la science.

Aujourd’hui, neuf mois plus tard, ma capacité pulmonaire est presque revenue complètement. 

Entre-temps, les enfants et la jungle…

Rapidement après notre retour dans  la jungle, les enfants ont commencé à fréquenter leurs nouvelles écoles. Emma à la Jungle Academy et Emrys à Casa Sulara. La transition s’est super bien passée et une certaine routine s’est installée. Nous les sentions heureux et comblés d’être de retour à la terre qui les a vus grandir. 

J’ai ré-ouvert mon bureau du Costa. 

Mon nouveau bureau du Costa était opérationnel et rapidement les demandes d’accompagnements pour des naissances dans les prochains mois ont rempli mon case load pour l’année.

Pendant ce temps, le chantier de la dernière phase du projet a commencé. Cette dernière phase, c’était la piscine et le petit Shala à côté. Notre petit temple bien humble pour y tenir des ateliers et des cérémonies…

Le lancement des inscriptions et l’accident de Mélanie. 

Rapidement est venu l’ouverture des inscriptions pour la 6ème cohorte de l’École Quantik. J’étais déjà bien bronzée par toute nos virées à la plage et j’étais plus motivée que jamais à continuer notre grande révolution pour les doulas du nouveau paradigme!

On a donc ouvert les inscriptions et une fois de plus la réponse été grandiose.  Les inscriptions allaient bon train quand à peine une semaine après notre grand lancement, la Mère-Obscure s’est imposée à nouveau via cet audio WhatsApp de Mélanie (ma partenaire de l’École Quantik,  mon amie, ma soeur, ma Twin Flame) le 14 avril 2024 à 21:33.

«Hello ma chérie (sa voix est tremblante, elle pleure). Je suis émotive là mais c’est correct. Je suis aux urgences, mais c’est correct. Je me suis faite frapper par une voiture, mais je suis correct. J’ai ma clavicule de brisée et là j’attends pour un Pet Scan parce que j’ai aussi frappé ma tête. Je ne pourrai pas être à la réunion d’équipe demain. Austin te donnera des nouvelles pour la suite….»

 

À cet instant, mon monde s’écroule sous mes pieds. 

Mes genoux me lâchent. Je me couche par terre.

Ses je suis correcte à répétition dans ma tête.

Elle est correcte.

Elle est vivante.

Elle n’est pas morte.

Ça va aller.

Merci la vie.

Merci Dieu.

Oh my God, elle aurait pu mourir.

Sa tête?

Est-ce qu’elle est réellement correcte?

Et si elle se mettait à saigner dans sa tête?

Non! Ne va pas là Karine. Elle va être correcte. Il n’y a pas d’autre scénario possible.

Heureusement, sa tête était correcte. Une commotion cérébrale, mais pas plus. Ce qui est un miracle considérant le fait qu’elle se soit faite frappée par une voiture et qu’elle ait volé dans les airs jusqu’à atterrir au milieu d’un boulevard.

La suite était quand même inévitable. 

Chirurgie, douleurs, traumas et guérison étaient maintenant au rendez-vous pour Mélanie. Elle allait avoir besoin de plusieurs semaines, voire des mois, pour se remettre de ça. Et tout ça en plein lancement de nos inscriptions.

Parlez-nous en de rencontrer la Mère-Obscure dans un Business. En 2024, on l’a vécu à l’École Quantik!

Je m’occupe de tout!

Je me souviens de me lever le lendemain avec la motivation d’une guerrière. Je m’occupe de tout! N’y pense même plus ma chérie. Je vais tout gérer et remplir cette cohorte comme si de rien était. Tu n’as rien à penser. Toi tu guéris. Moi je remplis toutes les places like a fucking goddess!

Mais ce mindset n’a pas duré.

La vérité c’est que j’étais super déclenchée dans mon trauma de la mort brutale de mon fils.

La vérité c’est que je mesurais à chaque instant à quel point je ne pouvais imaginer perdre Mélanie ni qui que ce soit d’autre dans ma vie.

Même si je sais que la mort peut toujours arriver et que ceux qui restent survivent malgré tout, du moins la plupart du temps. En 2024, avec l’accident de Mélanie, j’ai touché à combien je suis profondément fragile face à cette possibilité de la vie.

Viser le minimum pour survivre.

J’ai donc choisi d’avoir un autre point de vue pour les inscriptions. 

Celui de m’occuper de tout, certes, mais en visant le minimum d’inscriptions pour que notre école puisse continuer d’exister.

Quel est le minimum nécessaire pour ne pas avoir à fermer nos portes?

Jusqu’à combien on peut diminuer nos salaires sans mettre nos familles dans la merde? 

Du coup, une fois ce mode solution établi, j’avais un plan réaliste et aligné à la fois avec la réalité et les besoins de Mélanie, de même que le système nerveux de tout le monde, moi y compris.

Et finalement Mélanie a bien guéri.  Et finalement, on a rempli notre école à pleine capacité une fois de plus sans avoir à diminuer les salaires de personne!

It was all about quantum après tout.

Le chantier et son chaos. 

À travers tout ça, le chantier du Costa prenait toute la place et c’était carrément infernal à vivre. Sérieusement, cette année j’ai compris pourquoi la plupart des gens qui construisent font la piscine en même temps que la maison.

Mais bon, notre réalité c’est qu’en 2021 on n’avait pas les finances pour faire la piscine en même temps que la maison, alors ça n’a jamais été une option pour nous. 

Du coup, on y a goûté comme pas possible .

 Il y avait du monde chez nous de 5h30am à 5h30pm, six jours par semaine. Il a eu de la poussière de ciment pendant des semaines et des semaines partout et sur tout. Tout ça pendant que moi j’essayais de guérir des poumons!

 

Des cristaux dans toutes les directions du Shala…

Il y avait du bruit sans arrêt, du réveil au souper. Au début, c’était excitant. Rapidement, c’est devenu insupportable. Les enfants étaient plus tannants que d’habitude. Le système nerveux de toute la famille était à broil. Mon couple a failli éclater des dizaines de fois. Et finalement, le 7 mai est arrivé, avec son portail des 4 ans de la mort de Sévan. On a érigé un mât de prières en son honneur et trois semaines plus tard, le 22 mai, pour ses 23 ans dans l’invisible, on s’est baignés pour la toute première fois en famille dans notre superbe piscine terminée.

Magique.

I’m so done. Je veux tout mettre en vente!

Combien de fois j’ai dit ça cette année?

Presqu’à chaque café qu’on a bu en couple sur la grande terrasse extérieure.

Et ce, malgré les toucans qui nous offraient leur spectacle chaque matin. Et ce, malgré les rires des enfants qui plongeaient dans la piscine avant le petit-déjeuner. Et ce, malgré les papillons morphos qui passaient devant nous un après l’autre. Même le charme de leur bleu étincelant ne me suffisait plus.

Je veux tout vendre. Je n’en peux plus. Je veux tout vendre et disparaître dans les bois pour faire pousser de la camomille!

Et Martin, lui qui me connaît si bien, de répondre chaque fois:

Ne prenons pas une telle décision cette année.

 Et la saison des pluies s’est installée. 

J’aime la saison des pluies dans la jungle. Il fait moins chaud, et malgré la pluie, il y a quand même du soleil presque chaque jour. Il y a aussi moins de touristes. Ce qui est agréable pour l’ermite que je suis.

Seulement, avec la saison des pluies vient aussi tous les petits et gros microbes. C’est un peu comme l’hiver et la grippe au Canada ou en Europe. D’ailleurs, au Costa ils appellent l’hiver la saison des pluies, et l’été la saison sèche.

Impétigo in the house!

Cette année, la saison des pluies nous a initié à l’impétigo et à l’infection staphylocoque de la peau. Pour être honnête, c’était un des trucs qui me faisait le plus peur pour mes enfants. Après les serpents et la Dengue bien sûr! J’en avais entendu parler, mais on n’en n’avait encore jamais eu. Seulement, avec l’entrée à l’école d’Emrys, l’âge de l’impétigo dans la jungle, on y a goûté!Tout a commencé avec quelques cas à son école. Des enfants absents pendant des semaines et des parents épuisés par des traitements qui ne semblent pas fonctionner.

Puis ce fût notre tour…

L’histoire à commencé par un tout petit bobo qui, en l’espace d’une nuit, s’est transformé en une plaie à l’allure vivante!

Emrys s’est réveillé un matin avec une plaie si grosse qu’on avait l’impression de voir les bactéries lui manger la chair à vue d’œil.

C’était terrifiant.

La situation est devenue encore plus terrifiante quand à la clinique le médecin nous a dit de lui mettre seulement de la crème, alors que mon intuition me criait que ça lui prenait des antibios à ce stade.

Je ne suis pas du genre à donner des antibios facilement à mes enfants et Emrys n’en avait encore jamais pris de sa vie. Mais là, c’était si gros et si vivant que je craignais que ça évolue en infection systémique. Ce qui peut arriver avec l’impétigo qui vire en staph.

Les parents Ticos ont presque tous une histoire du genre. L’enfant qui a d’abord eu de l’impétigo, la crème qui n’a pas marché, et le truc qui évolue en staph, puis en infection systémique où l’enfant termine à l’hôpital sous antibio intraveineux pendant des jours.

Devenir la doc de service de son enfant. 

Je ne voulais pas prendre un tel risque. J’ai donc fait mes recherches. J’ai parlé avec une amie médecin en France et en l’espace de quelques heures je suis devenue une spécialiste de l’impétigo et du staphylocoque au Costa Rica!

Ce que j’ai découvert en enquêtant auprès des autres familles de ma communauté, c’est que les médecins ne suivaient pas du tout le bon protocole. Qu’e les docs ont tendance à minimiser les symptômes et que si jamais ils prescrivent des antibiotiques, les doses et la durée du traitement recommandé sont insuffisantes. D’où les récurrences chroniques chez les enfants qui deviennent alors impossibles à traiter parce qu’ils ont développé une résistance aux antibiotiques. Par chance, suite à mes recherches Emrys a pu avoir le bon traitement et il a guéri super rapidement. Sa guérison a été si rapide que plusieurs mères de l’école ont ont finalement implémenté le même traitement à leur enfant.

Ainsi, après presque six mois d’impétigo à l’école d’Emrys, la situation est revenue dans l’ordre, et on était enfin tirés d’affaires. 

C’était ensuite de nouveau à mon tour.

Attention! TRIGGER WARNING!!! 

Les prochains paragraphes seront graphiques parce que je vais vous parler de cacas mous et de sang. Vous êtes averti.e!

En août, ma fille Jadève est venue nous rendre visite dans la jungle. Quelle joie de la voir après tous ces mois à distance. Seulement, le jour suivant son arrivée, je me suis mise à avoir une diarrhée comme je n’avais jamais eu dans ma vie.

Je me vidais plusieurs fois par heure. Au début, je n’étais pas inquiète. Je me suis dit que j’avais dû manger un truc que je ne digérais pas et j’ai simplement pris quelques capsules de charbon activé. Je prenais déjà ma guérison pour acquis.

Mais après 12 heures, puis toute une nuit, puis deux jours, trois jours, quatre jours… Puis la fièvre, les douleurs musculaires, et la diarrhée devenue carrément hémorragique, j’ai commencé à m’inquiéter. Je me souviens être dans mon lit, ne plus sentir mes doigts et mes orteils, puis remarquer que mes pieds étaient bleutés.

C’est à ce moment précis que j’ai eu assez peur pour demander à Martin de m’amener à la clinique, où ils ont diagnostiqué une infection bactérienne de mon sang.

Ce jour là, j’ai reçu des antibiotiques intraveineux et d’autres trucs que j’ignore pour rétablir l’équilibre dans mon corps. La sensation de reprendre vie à nouveau était magique. Gratitude infinie pour ces soins que j’ai reçus.

Mais le traitement ne faisait que commencer, puisque j’ai dû prendre 10 jours d’antibiotiques oraux qui m’ont aidé à guérir, j’en conviens, mais qui ont complètement détruit ma flore microbienne. Je me souviens d’être à Samara, à la maison de vacances qu’on avait loué pour la visite de Jadève, et de pleurer toutes les larmes de mon corps en disant à Martin: J’ai l’impression de ne plus avoir de personnalité. Je ne sais plus qui je suis! Comment vais-je faire pour me remettre d’un tel traitement? J’ai l’impression qu’ils ont tué chaque partie vibrante de moi.

Dans les semaines et les mois qui ont suivi, j’ai donc mis tout mon focus sur mon microbiote et doucement ma santé est revenue. Je suis encore en processus et je le serai pour longtemps encore, mais je peux affirmer qu’aujourd’hui, 4 mois plus tard, je me sens de plus en plus forte à chaque semaine.

Et depuis peu, je n’ai presque plus de symptômes neurologiques. Je sens même à nouveau mes bout de doigts! Histoire de Ouf.

Parenthèse sur le pont d’Ojochal.

Je veux me souvenir du pont de Ojochal comme un des symboles de 2024 dans la jungle!Cette année, pendant toute  la saison des pluies, le pont du village était le grand sujet de chaque grosse pluie sur les tchats de la communauté.

“Is the bridge still in operation?”

Yes. I just crossed it.

5 minutes plus tard…

The bridge is gone again.

Il y avait même une groupe Whatsapp Ojochal Bridge Situation. Une vraie joke je vous jure! 

Pour faire court, le pont du village a été complètement détruit lors de la dernière saison des pluies et la municipalité ne l’a pas encore réparé. Par chance, des gens avec de la machinerie et un grand cœur ont fabriqué une sorte de pont temporaire entre temps. Et le pont fonctionne en général, mais il ne survit pas chaque grosse pluie. Cette année, les pluies ont détruit le pont temporaire presque une fois sur deux! Chaque fois, ils avaient à reconstruire le point. Vers la fin de la saison des pluies, on ne savait jamais si on allait pouvoir aller chercher Emma à l’école ou pas. On la gardait parfois chez nous par précaution. Une vraie joke pas drôle du tout.  Bref, la vraie vie dans la jungle. Pura Vida.

Samhain, l’Halloween et les reins d’Emma qui explosent l’évidence.

Puis les mois ont passés et on s’est habitué à l’incertitude du pont de Ojochal. Et comme on commençait tout juste à se remettre de tous ces virus, le portail de Samhain est arrivé. Alors que tous ne parlaient que d’Halloween, moi j’étais déjà dans toutes sortes d’émotions avec Samhain et cette année, je me suis sentie très seule pour traverser ce portail important pour la mère endeuillée que je suis. Samhain est ce moment dans l’année où le voile entre les mondes est si mince qu’on peut communiquer avec nos morts et même les sentir tout près. Pour vrai!Or, cette année il n’y a eu aucun rituel officiel pour Samhain parce que Halloween a pris toute la place. J’ai donc célébré seule avec mon autel. Même Martin n’était pas trop présent avec moi. Pour tout dire, depuis le portail des 4 ans j’ai l’impression que les rituels à l’honneur de Sévan ont comme pris le bord pour tout le monde, et que je suis maintenant la seule à m’y accrocher encore. Samhain a donc eu lieu, entre lui et moi, et Halloween a gagné toute l’attention que les enfants exigeaient. C’est dans la nature des choses le 31 Octobre à l’ère moderne!On a donc fêté avec la communauté. C’était beau, joyeux, et évidemment, il y a eu beaucoup trop de bonbons!Emrys a fini les siens en deux jours. Il en avait très peu.Emma, elle, en avait beaucoup plus. Et malgré mes efforts pour les faire disparaître, il y en avait toujours beaucoup trop. Et le truc avec Emma, c’est qu’elle est littéralement allergique aux bonbons. Seulement cette année, on est passé au next level!Ça a pris environs quatre ou cinq jours avant qu’elle se réveille avec de la grosse fièvre,  qui rapidement la faisait vomir à répétition et, ultimement, carrément agoniser. On a tenu bon 36 heures puis on l’a amenée d’urgence à la clinique où elle fût réhydratée par intraveineuse et où sa formulaire sanguine s’est révélée aussi alarmante et que son urine. Le diagnostic: Infection urinaire.

Aujourd’hui, nous savons qu’elle avait plus qu’une infection urinaire à ce moment-là et que le médecin aurait dû lui prescrire une échographie des reins vu la gravité de ses symptômes et de sa douleur. 

Que s’ils avaient fait ça, ils auraient vu que ses reins commençaient déjà à être infectés et qu’elle s’en allait vers une pyélonéphrite double. 

Aujourd’hui, nous savons aussi que l’antibiotique prescrit n’était ni à la bonne dose ni à la bonne durée, et qu’en gros, il n’a fait que masquer les symptômes pendant quelques jours avant d’aggraver sa situation.

Aujourd’hui, nous savons que ce soir là, les médecins ont fait une erreur. Et que la clinique privée qu’on affectionnait tant pour ses services rapides qu’efficaces n’est pas toujours aussi extraordinaires qu’on le pensait.

C’est ainsi qu’une semaine après cette visite à la clinique, Emma a été hospitalisée d’urgence pour une pyélonéphrite aiguë des deux reins, qui à ce stade ne produisaient presque plus d’urine.

Un séjour à l’hôpital qui nous a ramené au Canada. 

Voir ma fille souffrir de telles douleurs pendant des jours (et des nuits), en espérant que le traitement fasse effet — ce qu’il a finalement fait — m’a brisée en mille miettes.

Entendre Emma me dire Maman, je veux retourner au Canada. Je ne me sens plus en sécurité ici. Je ne veux plus vivre dans la jungle. Je n’aime plus ça. Je suis désolée. Je sais qu’on est revenue pour moi, mais là je te supplie de me ramener au Canada. Je ne me sens pas en sécurité ici. L’entendre me dire cela, alors que nous venions juste de revenir vivre dans la jungle 9 mois plus tôt, justement pour elle et pour qu’elle puisse aller à une école qui la célèbre dans ses différences. Ça aussi, ça m’a anéantie.

Mais bon, je lui ai répondu ce que je pense toute bonne mère raisonnable aurait fait.  Je lui ai dit…

Mais oui ma chérie, je vais te ramener au Canada. Après qu’on est trouvé comment sortir d’ici! (LOL)

Vous, vous pouvez partir, mais votre fille elle, elle reste ici. 

C’est ce que le chef de pédiatrie m’a répondu quand j’ai demandé notre congé après trois jours et une Emma qui commençait à reprendre du mieux. Il m’a expliqué que dans les hôpitaux du Costa-Rica, les enfants deviennent la propriété du pays quand ils sont traités comme patients et que les parents n’ont aucun droit de décision. Entre vous et moi, ce n’est pas tout à fait vrai, mais c’est compliqué. Pour faire court, après les trois jours d’hospitalisation d’Emma pour son traitement intraveineux, j’ai demandé sa sortie pour continuer le traitement per os à la maison. Ma demande n’était pas rebelle en soit puisque c’est normalement ce qui se fait dans tous les pays industrialisés pour une pyélonéphrite chez l’enfant. J’ajouterais qu’en plus, Emma allait mieux, qu’elle urinait de nouveau et que son contrôle d’écho rénal était normal. Seulement, l’hôpital voulait qu’Emma reste encore 5 à 7 jours, le temps du traitement per os. RI-DI-CU-LE.Je vous épargne les détails, mais en gros on m’a menacé de prison et j’ai dû appeler mon avocate. Puis finalement, après une dure bataille d’arguments, j’ai réussi à gagner mon droit de partir librement avec ma fille.

É-PUI-SÉE de la jungle!

C’est donc ainsi, qu’en Décembre 2024, on a accepté l’évidence de revenir vivre au Canada avec notre famille. Pour reconstuire notre santé en sécurité après toutes ces doses d’antibiotiques, et ce, avec l’accès à tous les suppléments et ressources nécessaires. Mais aussi,  parce que j’ai besoin de plus de temps et d’espace pour pouvoir mener ma mission dans ce monde.

Le fait est, que la jungle, quand on est une mère qui travaille, c’est dur, vraiment dur. La vie dans la jungle, ça laisse très peu d’espace pour travailler et faire une révolution.

Dans les années passées, j’y arrivais parce que j’étais en trauma response. J’avais tellement mal que je fuyais ma famille. Après la mort de mon Sévan, pendant longtemps, je n’arrivais plus à être une mère présente. Au début, j’ai engagé des nounous 6 jours sur 7, pendant deux ans et demie, pour pouvoir fuir dans le travail. Et ça a marché.

Mais là, depuis 2023 environ, je ne suis plus en Trauma Response dans mon travail. Je suis de nouveau présente à 100% pour mes enfants et mon travail passe après eux.

Je n’ai plus de nounous pour aider Martin et cuisiner pour nous. J’ai repris les casseroles et j’aime prendre soin de ma maison comme dans le bon vieux temps, avant la maladie et la mort.

Cela dit, j’aime aussi ma mission et mon travail.

J’ai de grands rêves avec Quantik Mama et l’École Quantik et j’ai réellement envie de créer des nouvelles choses dans les années qui s’en viennent.  Et avec cette année 2024 dans la jungle, j’ai réalisé que tout ça ne peut pourra pas arriver si je m’obstine à vivre dans la jungle. 

J’ai besoin des ressources du Canada pour y arriver.  J’ai besoin de mon monde sur le terrain. J’ai besoin d’écoles qui éduquent mes enfants pour vrai.

Je vous ferai un billet un jour sur la vérité du unschooling et du worldschooling dans la jungle. Après 5 ans à en avoir testé plusieurs, disons que j’ai des choses à dire. Mais pour le moment, je digère encore! 

Gratitude infini au Costa-Rica, le pays qui m’a sauvé la vie.

Que ce soit clair, j’adore le Costa Rica et j’ai pleuré presque chaque jour depuis notre retour au Canada, le 6 décembre dernier.  

Si seulement j’avais des bébés et des jeunes enfants de moins de 10 ans, j’y serais encore c’est certain. Si mes enfants étaient déjà grands et autonome, j’y serais aussi. 

J’adore presque tout de ce pays et surtout j’adore les Ticos. Je pleure d’amour pour eux. Et que dire de la nature époustouflante…

Cela dit, la vie à temps plein dans la jungle ce n’est pas fait pour les femmes-mères-qui-travaillent-et-qui-sont-le-pourvoyeur-pricipal-de-la-famille.De TOUTES les mères que j’ai rencontrées au Costa Rica, AUCUNE n’a une charge de travail comme la mienne et AUCUNE n’a un enfant aux besoins particuliers comme le mien.

Honnêtement, je considère que c’est un miracle que mes business soient encore en vie après toutes ces années dans la jungle et particulièrement, après cette année 2024!

Humilité et ENOUGHNESS

J’entre donc dans cette nouvelle année qu’est 2025 en toute humilité, de retour dans notre maison centenaire du Québec, où même si le décor est vachement moins Instagrammable que la jungle, la conviction intérieure qui m’habite en ce moment est aussi pure que divine. 

Pour la première fois depuis longtemps, je vois clairement faits et je respire librement.

Je ne prétends rien à qui que ce soit.

Je suis là où je suis et c’est parfait ainsi.

Je suis entre deux chapitres de ma vie et je l’accepte. Il y a encore beaucoup à placer (et plein de boîtes à défaire!), mais nous sommes en sécurité et nous ne manquons de rien. 

Je suis fière de dire que j’avance vers l’année 2025 avec un mantra que je ne me suis jamais encore dit en 45 ans. Le pourquoi de ce mantra pourrait faire l’objet d’un billet en entier mais pour le moment je ne fais que vous le partager…En 2025 mon mantra c’est:

I AM ENOUGH. I HAVE ENOUGH. I DO ENOUGH. ANYTHING MORE THAT WILL COME NEXT  IS BONUS.

Je suis assez. J’ai assez. Je fais assez. Tout ce qui viendra de plus après maintenant, n’est que pur bonus.

Merci de m’avoir lue jusqu’ici. N’hésitez pas à commenter où à m’écrire pour échanger un peu plus sur cette nouvelle ère de l’ENOUGHNESS. 

Sur ce, je vous souhaite à vous aussi de vous sentir ASSEZ.

We are ONE.

K❤️

Karine Langlois

Avant j’étais sage-femme, mais en 2020 j’ai renoncé à mon titre, suite à la mort de mon fils aîné. Depuis, je me concentre sur ma famille et dans mes temps libres je m’amuse à écrire et à créer du contenu éducatif pour les familles et les professionnels de la naissance.